Vue d’ensemble

Maquette de l’abbaye au début du XVIIIe siècle réalisée par M. Philippe Velu © Les Amis de l’abbatiale. DR
Plan de l’abbaye au XVIIIe siècle

En jaune sur le plan : lieux religieux

  1. Nef de l’église abbatiale
  2. Chœur des moines avec le tombeau de Clément VI
  3. Danse macabre (XVe siècle)
  4. Jubé
  5. Grand escalier (XVIIIe siècle)
  6. Tour Clémentine
  7. Cloître
  8. Vestibule
  9. Bibliothèque

En rouge sur le plan : les habitations et lieux de vie

  • 10. Maison du cardinal de Rohan
  • 11. Hôtellerie
  • 12. Cuisines et dépendances
  • 13. Réfectoire
  • 14. Dortoirs et cellules (chambres) des moines
  • 15. Infirmerie

En vert sur le plan : Annexes

  • 16. Greniers, granges, écuries, ateliers

Du côté du bourg

La place de l’église

L’entrée de l’église par le grand escalier. À gauche, on voit l’angle de la maison du Cardinal.

Les pèlerins venant prier sur le tombeau de saint Robert et les voyageurs voulant demander l’hospitalité aux moines se retrouvaient sur la place en contrebas de la façade et du grand escalier. La fontaine leur permettait de se désaltérer après une route que l’on imagine fatigante. Celle que nous voyons actuellement date de 1609. Elle servait naturellement aux casadéens.

Le grand escalier

Les bâtiments abbatiaux que l’on voit de cette place datent du début du XVIIIe. L’escalier que l’on emprunte pour accéder à l’église n’est pas du tout celui voulu par Clément VI, qui était droit et simplement de la largeur du portail. Celui-ci date de 1758. Il compte 44 marches. Son aspect théâtral s’harmonise avec les proportions majestueuses de la façade. Construit dans le même matériau, les pierres de taille de granit lui permettent de s’intégrer parfaitement, malgré un écart de 400 ans.

La maison du cardinal

Cette maison qui ne figure pas sur la maquette, est collée à la façade. Elle a été construite très rapidement pour loger le cardinal de Rohan, abbé commandataire exilé par le roi en son abbaye de La Chaise-Dieu après le scandale du collier de la reine en 1786, et que les moines ne voulaient pas recevoir en clôture. Non seulement le mur de l’abbatiale est mitoyen mais un contrefort s’avance dans les pièces. L’intérieur était très élégant, avec des parquets marquetés, aujourd’hui disparus.

Aujourd’hui, cette maison abrite les bureaux du Festival de musique.

Le porche

Le porche qui suit donnait sans doute accès à une halle. Les pilastres qui subsistent supportaient des voûtes. L’escalier de mauvaise facture qui a été rajouté permet d’arriver dans le cloître par une simple percée, sans porte.

Le bureau de l’office du tourisme est au sommet de cet escalier couvert, ainsi que la boutique du Syndicat mixte du Projet Chaise-Dieu. C’est de là que commencent les visites payantes du site.

L'église abbatiale

Selon la règle de Saint-Benoît que la communauté des moines de La Chaise-Dieu suivait, les moines se retrouvaient sept fois par jour et une fois dans la nuit dans l’église abbatiale (n° 2) afin de chanter l’office divin. Ils arrivaient et sortaient de l’église par le collatéral sud et le vestibule (n°8) où ils mettaient et enlevaient leurs coules, c’est-à-dire leur habit de chœur.

Du vestibule, en fonction de l’heure de la journée, ils regagnaient soit le dortoir(n° 14) au deuxième étage de l’aile appelée aujourd’hui de l’Écho, en empruntant les grands escaliers (n°5) à leur gauche, soit le réfectoire (n°13) en sortant dans le cloître (n°7), soit leurs différents offices dont la bibliothèque (n°9) qui est au dessus du cloître et par laquelle on arrive en empruntant le grand escalier (n°5).

Les bâtiments de l’abbaye sont distribués autour de trois grandes « cours » : le cloître, la cour des greniers, aujourd’hui place La Fayette, et la place de l’Écho.

Le cloître

Le cloître est le centre du monastère. Celui de La Chaise-Dieu n’a plus que deux côtés : au nord, donnant accès à l’église et à l’ouest, longeant l’hôtellerie. Il faut imaginer le côté sud longeant le réfectoire et le côté est donnant accès aux dortoirs et cellules. Ils ont été détruits d’abord par un incendie peu avant la Révolution, puis par simple vandalisme au cours du XIXe. Construit au XVe et achevés par l’abbé Jacques de Saint-Nectaire au XVIe, ce cloître remplace l’ancien cloître roman voulu par saint Robert.

Dans l’angle sud-ouest, on voit l’emplacement du lavabo qui servait aux ablutions des moines avant d’entrer au réfectoire dont on aperçoit la porte. Juste à l’entrée de ce réfectoire, les pierres des cheminées des cuisines sont encore visibles. Le réfectoire lui-même est devenu, au XIXe siècle, une chapelle : la chapelle des Pénitents.

Galerie du cloître sous la bibliothèque avent les travaux

Galerie du cloître en cours de restauration

Galerie nord du cloître restaurée© Fr Jean d'Ephèse

Emplacement du lavabo devant le réfectoire

La chapelle des Pénitents à la fin des travaux de restauration en 2008

La chapelle des Pénitents

La chapelle des Pénitents occupe le côté sud du cloître. L’ancien réfectoire des moines a été construit sous l’abbatiat de l’abbé Jacques de Saint-Nectaire dont on voit les armes sur les clés de voûte. Il a été converti en chapelle au XIXe à l’usage de la confrérie des Pénitents blancs. Sur la tribune, sont exposés des symboles de la passion du Christ, utilisés chaque Vendredi Saint par les Pénitents pour la cérémonie de la Passion. Aujourd’hui, la chapelle des Pénitents sert d’église paroissiale l’hiver car elle est plus facile à chauffer que l’abbatiale. Elle a été restaurée en 2007-2008. Un chemin de croix peint par Robert Falcucci orne les murs de la chapelle.

La bibliothèque

La bibliothèque des moines en 2010, à l’époque où elle était la « salle du Trésor » de l’abbaye.

Vaste salle gothique au dessus de la galerie nord du cloître, la bibliothèque compte cinq fenêtre avec un pupitre en pierre sous chacune de ces fenêtres. De 2001 à 2014, les Amis de l’abbatiale ont pu y exposer le Trésor de l’abbaye.

Aujourd’hui, cette pièce n’est pas encore visible.

L’hôtellerie

« Tous les hôtes qui arrivent seront reçus comme le Christ » Règle de saint Benoît

Pour accueillir leurs hôtes, les bâtiments de l’aile ouest étaient réservés à l’hôtellerie et aux cuisines

Au XIXe, cette aile ouest a servi d’école et de mairie. La mairie a quitté le lieu au début des travaux de restauration, bien après l’école.

Aujourd’hui, elle abrite au rez-de-chaussée les salles casadéennes, lieu d’expositions gratuites, au premier le bureau d’information touristique, la boutique du Syndicat mixte Projet Chaise-Dieu, la « loge du pape Clément VI », première étape du circuit de visite du Syndicat mixte installée dans les anciennes cuisines du monastère. Ce premier étage est de plain-pied avec le cloître.

Au second ont été aménagés les bureaux du Syndicat mixte et les loges des artistes du Festival.

La place La Fayette

Autrefois « cour des greniers des moines », cette cour, dans laquelle nous pénétrons est aujourd’hui appelée place La Fayette, du nom de Gilbert Motier, seigneur de La Fayette, compagnon de Jeanne d’Arc qui s’illustra pendant la guerre de Cent Ans. Le roi Charles VII le fit maréchal de France. Il mourut en 1463 et fut enterré dans l’abbatiale de La Chaise-Dieu. Une plaque murale à gauche de l’autel de la Vierge du jubé rappelle cette sépulture. C’est un ancêtre du célèbre marquis.

Au nord de la place, dans les bâtiments assez simples du XVIIIe qui servaient de granges un auditorium a été aménagé. Les travaux ont été conduit par Stefan Manciulescu, architecte en chef des Monuments Historiques. Cet auditorium a été inauguré en juin 2010 et a reçu le nom d’Auditorium Cziffra en mémoire du célèbre pianiste à l’origine du Festival de Musique. L’Académie de musique de La Chaise-Dieu et le Festival y donnent des concerts et de nombreuses activités s’y déroulent tout au long de l’année pour la plus grande joie des Casadéens.

Façade de l’auditorium

La salle de l’écho

Au sud, dans l’aile des dortoirs, se trouve la fameuse salle de l’écho à l’acoustique si particulière. Elle est intégrée dans le circuit des visites du Syndicat mixte Projet Chaise-Dieu.

La tour Clémentine

À l’ouest de la place, se trouvent le chevet de l’église et la tour Clémentine.

La construction de cette tour est postérieure à celle de l’église. Elle a été achevée par le pape Grégoire XI, neveu de Clément VI, à la fin du XIVe. On trouve les armes des deux papes sur la façade. Il ne s’agit pas d’un donjon, pas plus que l’abbaye n’est une forteresse ; mais son caractère défensif est évident. Les moines s’y réfugièrent quand l’abbaye fut envahie et saccagée par les Huguenots en 1562 et purent résister plusieurs jours grâce au puits et au four aménagés dans ce qui est aujourd’hui la sacristie au rez-de-chaussée. La tour compte trois autres salles, une à chaque étage. Ces salles ne sont pas aménagées et sont accessibles par un étroit escalier en colimaçon. Enfin, un chemin de ronde couvert couronne l’ensemble. C’est la copie d’une des tours du Palais des Papes d’Avignon.

Chevet de l’abbatiale avec la tour Clémentine

La rue de l’aumône

Dans le prolongement des granges, la rue qui rejoint le centre du bourg s’appelle « rue de l’aumône ». C’est un rappel de la tradition de charité qui régnait à l’abbaye. Là, le frère en charge de la charité, l’aumônier, accueillait les pauvres qui se présentaient chaque jour à la porte qui fermait la rue et leur distribuait du pain.

Ce parcours permet d’admirer les contreforts de l’église (il n’y a pas d’arc-boutants) et la hauteur exceptionnelle des fenêtres qui laissent entrer la lumière dans l’église.

La porte du For

Les moines vivaient en clôture, à l’écart du monde. Il reste peu de traces des murs et des tourelles qui entouraient l’abbaye. Ne subsiste qu’une des portes d’entrée, celle dite du For 1, par laquelle entraient les marchandises livrées dans la cour où se trouvaient les granges et les étables.

La place de l’Écho

Les anciens dortoirs des moines

Les deux bâtiments qui forment un L ont été reconstruits au XVIIe siècle par les mauristes et abritaient les dortoirs des moines et l’infirmerie aux XVIIe et XVIIe siècles. Le plan de l’abbaye de 1643 montre que la place n’existait pas. Au centre se trouvait l’infirmerie et sa chapelle, dont des fouilles en 2004-2005 ont retrouvé les fondations. Il y avait également les cellules des moines robertiens qui refusaient d’intégrer la Congrégation Saint-Maur pour rester fidèles à la règle bénédictine telle qu’elle était vécue à La Chaise-Dieu. Ce qui est représenté comme des remparts sur la maquette était encore des granges et des écuries.

Aujourd’hui, le bâtiment ouest est divisé en plusieurs habitations privées. C’est là que se trouve le Prieuré des frères de Saint-Jean.

Le bâtiment au nord a été entièrement restauré. Au rez-de-chaussée, la chapelle grégorienne existant sur les plans a été retrouvée. En effet, une fois détruites les modifications apportées par les propriétaires pour transformer les lieux en maisons individuelles, il est apparut que les voûtes existaient toujours, certaines avec leur décor. Restauré, cet espace abrite aujourd’hui les tapisseries de chœur dans des conditions optimales de lumière et d’humidité. Dans la deuxième partie du bâtiment, après le porche, se trouve le fac-simile de la danse macabre et la salle de l’écho.

Les étages supérieurs devraient accueillir des expositions permanentes.

Le cadran solaire

Au-dessus du porche de l’aile nord, un magnifique cadrant solaire de l’époque mauriste a retrouvé sa splendeur grâce au gnomiste Didier Benoit qui relate sur son site la restauration de ce cadran initiée par les Amis de l’abbatiale. Il porte la date de 16832.

Sur ce cadran, un bas-relief en pierre de lave noire porte en haut l’inscription : « Corona Domini congregat & servat » ce qu’on peut traduire par : « La couronne du Seigneur rassemble et sauve ». Au-dessous de cette inscription se trouve une interprétation des armes des mauristes, un écu portant en fasce le mot « PAX » accompagné en chef d’une fleur de lys et en pointe des trois clous de la Passion. L’écu est entouré de la couronne d’épines, et supporté par deux anges agenouillés. Au bas de la plaque, sous l’écu se trouve le millésime : 1683. Ce bas-relief était peint : ocre pour les anges, rouge pour les armes.

Entre les deux lignes supérieures du cadran se lit : PULVIS ET UMBRA SUMUS : Nous ne sommes que poussière et ombre, qui fait allusion au livre de la Genèse3.

Ce cadran donne l’heure des offices monastiques. Les chiffres romains sont écrits comme c’était l’habitude au XVIIIe siècle : IIII pour 4 et VIIII pour 9.

Le cadran solaire de la place de L’Écho restauré

Reportage de France 3 sur la restauration du cadran.

  1. D’un vieux mot voulant dire extérieur, que l’on retrouve dans la célèbre phrase de François Ier « Tout est perdu, for [hors] l’honneur »[]
  2. Date que l’on retrouve également sur le buffet d’orgue et le maître-autel, offerts l’un et l’autre par le Cardinal Hyacinthe Serroni[]
  3. Genèse 3, 19 : C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes dans le sol d’où tu as été tiré ; car de lui, tu as été pris. Car poussière tu es, et poussière, tu retourneras.[]
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